| Thèmes : Démence, Santé, Audition et Alzheimer |

La santé cognitive des seniors est aujourd’hui au cœur des préoccupations médicales. Si vieillir ne signifie pas forcément perdre la mémoire, certains paramètres accélèrent ce processus. Parmi les facteurs de risque identifiés ces dernières années, la perte auditive occupe une place centrale. Longtemps considérée comme un simple désagrément lié à l’âge, elle apparaît désormais comme l’un des facteurs modifiables les plus importants du déclin cognitif.

Audition et Alzheimer

© Val Vesa

L’audition, une stimulation essentielle du cerveau

Comme les muscles, le cerveau a besoin d’entraînement pour rester performant. Et l’audition participe pleinement à cette stimulation quotidienne. Chaque son perçu, chaque conversation suivie active des réseaux neuronaux complexes. Lorsque l’audition diminue, les voies auditives entre l’oreille et le cerveau sont moins sollicitées. Cette réduction progressive de stimulation entraîne une baisse d’activité cérébrale qui peut, à long terme, affecter les fonctions cognitives. À partir de 65 ans, l’audition (comme la vue) décline naturellement. Ce phénomène, appelé presbyacousie, concerne une proportion importante de la population. D’après les dernières études, 50 % des personnes de plus de 75 ans nécessiteraient une prise en charge auditive. En France, selon les chiffres de l’Assurance Maladie, près de 6 millions de personnes vivraient avec une perte auditive.

Un lien démontré avec le risque de démence

Mais qu’est-ce que la démence ? Souvent associée à une résonance péjorative, c’est tout simplement un terme qui désigne aujourd’hui un ensemble de symptômes liés à l’altération des fonctions cérébrales : mémoire, attention, capacité de raisonnement, mais aussi troubles de l’humeur pouvant conduire à l’isolement et à une perte d’estime de soi. La maladie d’Alzheimer en est la forme la plus connue. Les travaux du professeur Frank Lin, de la Johns Hopkins University, publiés à partir de 2011, ont marqué un tournant. Le risque de démence augmente en effet avec le degré de perte auditive. Si une perte légère doublerait le risque, une perte modérée le multiplierait par trois, et une perte sévère par cinq. Les données disponibles montrent que les personnes malentendantes présentent une dégénérescence cognitive 30 à 40 % plus élevée que celles qui entendent normalement. Quant à la maladie d’Alzheimer, elle surviendrait en moyenne environ deux ans plus tôt chez les individus souffrant de troubles auditifs. En 2017 puis en 2020, la commission internationale dirigée par Gill Livingston et publiée dans The Lancet a classé la perte auditive parmi les principaux facteurs de risque modifiables de la démence. Selon ces travaux, elle pourrait être impliquée dans environ 8 % des cas de démence, devant d’autres facteurs pourtant largement médiatisés comme l’hypertension ou le diabète. Il ne s’agit pas ici d’un lien de cause à effet unique, mais d’un facteur de risque aujourd’hui solidement documenté.

Fonctions Cognitives

 © Mindfield Biosystems

Surcharge cognitive et isolement social

Plusieurs mécanismes expliquent cette association. Lorsqu’un individu entend mal, le cerveau doit mobiliser davantage de ressources pour reconstituer des informations sonores incomplètes. Le cortex préfrontal fonctionnerait alors en surrégime pour combler les lacunes auditives. Comprendre une conversation devient alors un effort constant. Cette surcharge cognitive réduit les ressources disponibles pour la mémoire et l’attention. Parallèlement, la perte auditive favorise l’isolement social. Les interactions diminuent, les conversations se raréfient. Or la stimulation sociale constitue un facteur clé de maintien des capacités cognitives. Enfin, des travaux en imagerie cérébrale ont mis en évidence une diminution plus rapide du volume de certaines régions impliquées dans la mémoire, notamment l’hippocampe et les zones temporales, chez les personnes présentant une perte auditive non traitée. Un cercle vicieux peut alors s’installer. Moins on entend, moins le cerveau est stimulé, plus le déclin s’accélère.

Quand traiter la perte auditive devient un choix de santé

Au-delà du risque de démence, les études suggèrent que la correction de la perte auditive pourrait avoir un impact plus large sur la santé. Une étude américaine dirigée par l’équipe de Janet Choi à l’Université de Californie du Sud et menée sur près de 10 000 adultes, dont plus de 1 800 présentaient une perte auditive, avec un suivi de treize années, a montré que le port d’aides auditives était associé à une réduction de 25 % du risque de décès. Ces résultats viennent renforcer un constat déjà établi : une perte auditive non traitée est associée à davantage d’isolement social, de dépression et de déclin cognitif. Corriger une perte auditive ne relève donc pas uniquement du confort. C’est très important pour préserver la mémoire, l’attention et, plus largement, la qualité de vie à long terme. Car restaurer une stimulation auditive plus naturelle allège le travail du cerveau. Les conversations redeviennent fluides et l’énergie mobilisée pour “comprendre” peut à nouveau être consacrée à mémoriser, à réfléchir ou à interagir. Bien entendre constitue ainsi un enjeu majeur de prévention du vieillissement cérébral. Un enjeu qui s’inscrit pleinement dans une démarche de santé globale.

Pour aller plus loin..

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Egalement, pour comprendre plus spécifiquement le monde de l’audition, n’hésitez pas à consulter notre rubrique Comprendre Mon Audition.

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Simon Vital / Marc-Antoine Guet